- La méprise de Roswell, Nouveau-Mexique, USA 1947

- La méprise de Roswell, Nouveau-Mexique, USA 1947

Le 24 juin 47 Kenneth Arnold fait sa célèbre observation. Une vingtaine d’autres sont également enregistrées ce jour-là dans l’ouest des États-Unis, autant le lendemain et ainsi de suite, allant crescendo jusqu’à mi-juillet où tout s’arrête.
En moins d’un mois, plus de 800 faits seront répertoriés.
Le « crash » de Roswell devrait y figurer et effectivement, c’est le cas : Le Roswell Daily Record fait mention, le 8 juillet, de la récupération par les militaires d’un « disque volant » qui s’est abimé sur les terres d’un dénommé Mac Brazel. L’info est un « copié-collé » d’un communiqué de l’armée, donc du "sérieux".
Le lendemain publication d’un démenti : c’était un ballon-météo ! D’ailleurs, dans une interview, Mac Brazel décrira des baguettes de balsa, de l’aluminium, du ruban adhésif et du caoutchouc… autant de matériaux interstellaires peu recommandables.
Ce n’est pas une soucoupe volante ni un ballon-météo que ce fermier a trouvé dans ses champs, mais une sorte de gigantesque cerf-volant-espion, appartenant au projet Mogul et destiné à surveiller l’activité nucléaire en territoire soviétique.
Le major Marcel, premier rendu sur les lieux à la demande du colonel Blanchard a cru bon de couper court à toutes spéculations sur cet engin d’espionnage ultra confidentiel en utilisant le paravent des ovnis qui défraient les chroniques d’alors.
Le matériel récupéré est envoyé sur la base de Fort-Worth voisine où le général Ramey flairant le très mauvais plan d’un « remède » sans doute plus douloureux que le mal, dément l’info initiale et réussit l’exploit de tout rétablir en quelques heures.

Plus personne n’en entendra jamais parler jusqu’en 80, quand l’affaire est ressortie par l’infatigable Charles Berlitz. Avec son complice de longue date, William Moore, tous deux vont utiliser leurs habituelles méthodes d’intoxication déjà bien rodées : mensonges scandaleux, assertions gratuites basées sur des rumeurs et des « on dit que », citations de témoignages invérifiables, amalgame avec une autre affaire, pas plus crédible mais proche dans le temps et l’espace (Aztec, 1948). En gros et comme toujours avec Berlitz, la science-fiction est élevée au rang des beaux-arts.
Le conseil municipal de Roswell est ravi et repère immédiatement l’opportunité d’attirer quelques badauds dans une région qui ressemble à s’y méprendre au trou du cul du monde. En peu de temps la petite ville devient une nouvelle Lourdes miraculeuse… Les ouvrages sur Roswell, un à un, s’empilent et crédibilisent les faits. Les films font de plus en plus allusion à une zone 51 qui est, effectivement, un lieu de stockage de bombes atomiques et une base militaire protégée.
Quant à l’autopsie qui suivra c’est un faux honteux et je refuse catégoriquement de seulement l’évoquer.

Tout comme le 25 décembre, Roswell est devenu un mythe qui fait rêver un nombre considérable de naïfs. Il a une nouvelle fois discrédité le sujet en profondeur. La mariée était vraiment trop belle pour être honnête.

Roswell




Ci-dessous un ballon du projet Genetrix:
Le projet Genitrix, aussi connu sous le nom de WS-119L, est un programme de la force aérienne des États-Unis visant à lancer des ballons de surveillance fabriqués par General Mills1,2 au-dessus de la Chine communiste, de l’Europe de l'Est et de l'Union soviétique dans le but de prendre des photographies aériennes et de recueillir des renseignements. Le projet Mogul serait lié à Genetrix.

genetrix



Extrait du journal de l'époque: (cliquez pour agrandir)



Qui est Charles Berlitz ?

Il est l'auteur de nombreux ouvrages traitant de phénomènes paranormaux. The Roswell Incident, paru en 1980, est notamment à la base de la plupart des théories de conspiration autour de l'incident de Roswell. Il est également l'auteur d'un livre qui défend l'existence de l'Atlantide.
Son ouvrage le plus connu, Le Triangle des Bermudes, paru en 1974 et vendu à 20 millions d'exemplaires, présente une explication paranormale des disparitions d'avions et de bateaux dans cette zone géographique. Cet ouvrage est cependant largement critiqué pour sa présentation partielle des faits, et un manque de recul critique et scientifique. (source Wikipédia).

Charles Berlitz


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