- Les OVNI et le nucléaire

C’est le 16 juillet 1945 que nous avons ouvert la Boite de Pandore, condamnant à la réclusion perpétuelle cette fois, toutes formes d’espoirs pour les Hommes. Ce jour-là, sur la base D’Alamogordo (au Nouveau-Mexique) explose la première bombe atomique de l’histoire. Après coup, Kenneth Bainbridge, le responsable de l’essai, dira à Robert Oppenheimer: « maintenant, nous sommes tous des fils de putes ».
Quand c’est le patron qui l’affirme…
Trois semaines plus tard, le 6 aout, un B-29 largue sur Hiroshima « Little Boy », une bombe à l’uranium enrichi qui explose à 580 mètres du sol.
Elle est l’équivalent de 15 kilotonnes de TNT et provoque la mort instantanée de 70000 personnes rasant absolument tout dans un rayon de 12 km carré. Le 9 aout « Fat Man » est balancée, par défaut, sur Nagasaki. Cette fois c’est une bombe au plutonium de 22Kt qui fait 40000 victimes. (Tout simplement parce que la ville est moins peuplée qu’Hiroshima.)

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On pourrait penser que ça suffit, mais pas du tout : la Seconde Guerre mondiale à peine terminée, des abrutis de l’Atomic Energy Commission envisagent une application civile de la trouvaille et proposent « d’élargir » le canal de Panama en utilisant 26 engins nucléaires alignés à la suite !
Le 1er novembre 1952 les Américains vont faire exploser leur première bombe à hydrogène dans les iles Marshall. Ce n’est d’ailleurs pas une bombe, mais plutôt une petite « usine » et il faudra le concours de dix mille personnes pour y parvenir. En sept ans, on est passé du lance-pierre au rayon laser : cette explosion de dix mégatonnes aurait vitrifié une surface mille fois supérieure à celle d’Hiroshima et une gigantesque boule de feu a formé un champignon qui s’est élevé à 50 kilomètres de haut, jusqu’à la stratosphère ! Le 1er mars 1954 rebelote, avec une bombe miniaturisée de 15 mégatonnes. Elle pète sur l’atoll de Bikini et la lueur est perçue à plus de quatre mille kilomètres de là. Dix-huit mille kilomètres carrés vont être directement irradiés… Entre 1945 et 1962, l’Amérique fera plus d’un millier d’essais à elle seule, parfois aériens, parfois souterrains ou sous-marins. Les Américains pousseront même la démence dans ses derniers retranchements en « relocalisant », par exemple, leurs expériences au Nevada, au Nouveau-Mexique et en Alaska, conviant des familles entières à venir assister aux feux d’artifice et pique-niquer en limite de zone sécurisée, si toutefois une telle zone peut exister !
Aujourd’hui encore, un aquariophile qui ramènerait du sable du désert de Frenchman Flat, Nevada, lieu de centaines d’essais, est certain de stériliser son aquarium durablement : plus aucune algue n’apparaitra sur les parois, certes, mais les poissons rouges ne devraient pas tenir plus d’une semaine. (Et si notre aquariophile fou désire transporter son sable par avion, il n’est pas certain que les détecteurs de métaux des aéroports le laissent passer !)

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N’accablons pas les USA outre mesure, car l’Union soviétique est entrée dans la danse en 1949 et a su se montrer à la hauteur de la folie ambiante. Elle détient à ce jour le record de puissance de feu avec « Tsar Bomba » en 1961 : 57 mégatonnes, et aurait procédé à plus de 700 tirs. La France n’est pas non plus en reste avec 210 essais, ni la Grande-Bretagne avec « seulement » 45. On ne sait pas grand-chose sur la Chine, mais Israël, l’Inde, le Pakistan et la Corée du Nord font figure d’épouvantails peu convaincants à côté des autres.
Entre 1945 et aujourd’hui, c’est 125000 ogives qui auront été fabriquées dont 70000 étaient actives pendant la guerre froide. De nos jours encore avec un stock mondial de seize mille trois cents têtes nucléaires, mille huit cents sont en état d’alerte permanente ! Largement de quoi anéantir les plus grandes villes de la planète, banlieues comprises.
On comprend mieux, maintenant, que quelque part, « ailleurs », on se soit un peu affolé et que le ballet incessant des ovnis, depuis soixante-dix ans, est en lien étroit avec nos bidouillages apocalyptiques. Comme nous l’avons vu, nous en savons peu, sinon rien sur le phénomène, mais une chose est sûre, le graphique qui répartit dans le temps nos 2400 essais nucléaires coïncide avec celui des flux d’observations non identifiées.


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